lundi 25 juin 2012

Fiche familiale de Joseph Parent, le triplet


Joseph Parent (Pierre Parent et Jeanne Badeau)
n 1674, Beauport; d 2; s 3-2-1727, Hôtel-Dieu de Québec

m Marie (ou Marie-Josephe) Bélanger (Nicolas Bélanger et Marie de Rainville), contrat de mariage du 11-2-1696, notaire Jean-Robert Duprac, m février 1696, Beauport
n 1678, Beauport; d 15; s 16-11-1750, Beauport

1. Marie-Thérèse ou Marie
n 17; b 17-12-1696, Beauport; d 13; s 14-2-1726, Beauport
m 24-1-1720, Beauport
Joseph Lefebvre (Jean Lefebvre et Marie Crête)
n 1 ; b 2-8-1688, Beauport ; d 28 ; s 29-11-1751, Hôtel-Dieu Québec

2. Marie-Josephe
n 19; b 19-1-1699, Beauport; d 30; s 30-1-1736, Beauport
m 28-2-1724, Beauport
Jacques Lefebvre (Jean Lefebvre et Marie Crête)
n 3; b 4-12-1689, Beauport; d 15; s 16-11-1749, Beauport

3. Marie-Françoise
n 3; b 3-12-1701, Beauport ; d avant 1761
m 15-6-1727, Beauport
Charles Turgeon (Jean Turgeon et Thérèse Vachon)
n 19; b 19-9-1697, Beauport; d -; s 6-4-1769, Hôpital général de Montréal

4. Joseph
n 23; b 23-1-1704, Beauport; d 4; s 5-5-1778, Beauport
m 1: 24-11-1727, Beauport
Marie-Élisabeth Lefebvre (Jean Lefebvre et Marie Crête)
n 8; b 8-9-1707, Beauport; d 5; s 6-4-1741, Beauport

m 2 : 26-11-1742, Notre-Dame-de-Québec
Marguerite Giroux (François Giroux et Marguerite Binet)
n 24; b 25-11-1719, Beauport; d 19; s 20-6-1760, Beauport

5. Louis-Charles
n 13; b 13-3-1706, Beauport; d 5; s 6-2-1726, Beauport

6. Jean-Baptiste
n 24; b 24-5-1709, Beauport; d 24; s 25-12-1730, Beauport

7. Noël
n 28; b 29-9-1712, Beauport; d 8; s 9-1-1787, Beauport
m 25-1-1740, Notre-Dame-de-Québec
Geneviève Giroux (Noël Giroux et Geneviève Cadieux)
n 26; b 27-9-1711, Beauport; d 24-6-1784, Beauport

8. Jacques
n 6; b 7-9-1714, Beauport; d 29; s 29-7-1785, Beauport
m 26-1-1750, Beauport
Catherine Giroux (Noël Giroux et Geneviève Cadieux)
n 3; b 4-4-1716, Beauport; d 12; s 13-5-1778, Beauport

9. Marie-Louise
n 6; b 7-4-1717, Beauport; d 14; s 15-9-1804, Beauport
m 1: 20-1-1738, Beauport
Antoine Bonnet (Francis Bonnet et Françoise Marat)

m 2 : 5-8-1743, Notre-Dame-de-Québec
Pierre Vézina (Pierre Vézina et Élisabeth Mathieu)
n 1; b 2-11-1715, L’Ange-Gardien; d 24; s 25-7-1760, Beauport

m 3 : 7-9-1761, Beauport
Charles Vallée (Charles Vallée et Geneviève Marcoux)
n 4; b 5-3-1703, Beauport; d ?

10. Marie-Geneviève
n 2; b 2-3-1720, Beauport; d 9; s 10-6-1797, Beauport
m 20-8-1741, Beauport
Joseph Vallée (Charles Vallée et Geneviève Marcoux)
n 20; b 21-2-1718, Beauport; d 18; s 19-4-1790, Beauport

lundi 18 juin 2012

La famille Badeau à La Rochelle

(Après trois semaines de vacances en France, je reprends la publication de mon blogue)

Les parents de Jeanne Badeau, Jacques Badeau et Anne Ardouin, ont vécu à La Rochelle au cours de la décennie 1630. Ils y font baptiser deux de leurs enfants : François et Madeleine. Ces baptêmes ont été célébrés à l’église Sainte-Marguerite. En 1632, l’acte de baptême de leur fils François indique que la famille demeure dans le quartier Saint-Sauveur, de La Rochelle. En 1634, l’acte de baptême de leur fille Madeleine fournit deux renseignements importants :  la famille Badeau demeure dans le quartier Saint-Nicolas et Jacques Badeau est « saulnier ». Ce n’est pas banal de pratiquer ce métier car le commerce du sel joue un rôle économique important au XVIIe siècle en France.

Quand Jacques Badeau et sa famille débarquent à Québec au mois d’août 1647, Jacques est qualifié de laboureur.

Acte de baptême de François Badeau, le 10 août 1632


 
 








 Acte de baptême de Madeleine Badeau, le 24 avril 1634

 
 






Ces deux actes de baptêmes sont tirés du site web des archives de la Charente-Maritime.

vendredi 18 mai 2012

L'épidémie de 1703

À la fin de l’année 1702, une épidémie frappe la Nouvelle-France. On commence à s’alarmer au mois de novembre. Les ursulines de la ville de Québec commentent ainsi ces événements.
Sur la fin de novembre, la maladie commença dans la ville. Elle avait été apportée iic par un sauvage de la frontière. C’était une espèce de petite vérole accompagnée de plusieurs accidents fâcheux, et en moins de deux mois, l’on a compté plus de quinze cents malades, et entre trois et quatre cents morts. Les Messieurs du Séminaire furent les premiers atteints; tous leurs jeunes prêtres et ecclésiastiques, avec leurs séminaristes, tombèrent malades. Ils ont perdu trois de leurs jeunes ecclésiastiques et cinq de leurs écoliers. Les Pères Jésuites ont perdu le R.P. Crespieul, qui est mort de fatigue et de compassion de la misère publique, où il ne voyait point de remède, toute la ville n’étant plus qu’un hôpital-général. Les Récollets ont perdu deux pères et un frère; les Mères de l’Hôtel-Dieu, trois religieuses de chœur et une converse; l’Hôpital-Général, deux religieuses de chœur et une donnée. (1)
Selon Marcel Trudel, « en 1702 et 1703, l’épidémie de variole aurait causé, à Québec seulement, plus de 2 000 morts » (2). Ce chiffre avancé par Marcel Trudel peut paraître exagéré mais il révèle l’étendue de la dévastation causée par cette épidémie quand on sait que la population de la Nouvelle-France, en 1698, ne compte que 15 355 âmes (3). Pierre-Georges Roy parle plutôt de 400 sépultures, ce qui semble plus plausible (4). La maladie sème tristesse et désarroi dans la population de la grande région de Québec  et « On faisait aussi au dehors des prières publiques, telles que neuvaines de saluts, oraisons de quarante-heures et processions » (5).

Le fléau décime la population comme l’indique le nombre de sépultures dans les registres paroissiaux. Par exemple, à Québec, on enterre 46 personnes en 1701, 143 en 1702, 177 en 1703 et, en 1704, on assiste à un retour à la normale avec 34 inhumations. La terrible maladie atteint Beauport en 1703 car, en 1702, les registres comptent 7 enterrements comparativement à 65 en 1703 et 5 en 1704. Les statistiques le montrent : l’épidémie frappe durement Beauport. La plupart des membres des familles Parent qui demeurent à Beauport parviennent à échapper à l’épidémie mais on dénombre tout de même huit décès dont l’un de façon accidentelle. Ainsi, les décès chez Parent représentent 12,3 % des sépultures de Beauport en 1703.

Les familles des triplets Parent n’échappent pas au fléau et sont affectées par le décès de deux de leurs enfants. En effet, Jean Parent et son épouse, Marie-Françoise, perdent leur fils Simon le 16 février 1703 et, Étienne et Marie-Thérèse, un fils prénommé lui aussi Étienne, quatre jours plus tard. Paul Parent, fils de Pierre Parent et de Marguerite Baugis, meurt le 11 avril 1703, deux jours après sa naissance. La famille de Jacques Parent est aussi frappée par la maladie. Au dernier jour de 1702, un jeune homme dans la fleur de l’âge décède : il s’agit d’Henri Parent, leur fils âgé d’environ 23 ans. Cette série noire continue et, à l’automne 1703, Louise Chevalier,  son épouse, succombe le 28 septembre 1703. À son décès, il reste encore huit enfants d’âge mineur.
 
1. http://www.canadiana.org/view/34243/11
2. Marcel Trudel, Initiation à la Nouvelle-France, Montréal, Holt, Rinehart et Winston Limitée, Montréal, 1968, p. 241.
3. Recensements du Canada 1665 à 1871, Vol. IV, Ottawa, 1876, p. 40.
4. Pierre-Georges Roy, « Les épidémies à Québec », Bulletin des recherches historiques, vol. 49, 1943, p. 208.
5. http://www.canadiana.org/view/34243/11.

vendredi 11 mai 2012

Fiche familiale d’Étienne Parent, le triplet


Étienne Parent (Pierre Parent et Jeanne Badeau)
n 1674, Beauport ; d 22; s 23-8-1756, Beauport

m 1 : Marie-Thérèse Chevalier (René Chevalier et Jeanne Langlois), (contrat de mariage du 11-2-1696, notaire Jean-Robert Duprac),  février 1696, Beauport
n vers 1675, Beauport; d 16; s 17-8-1725, Hôtel-Dieu de Québec

1. Étienne
n 10; b 16-12-1696, Beauport; d 20; s 20-2-1703, Beauport

2. Joseph
n 20; b 21-9-1698, Beauport; d 27; s 27-1-1700, Beauport

3. Noël
n 24; b 24-9-1700, Beauport; d -; s 9-12-1700, Beauport

4. Marie-Geneviève
n 11; b 11-8-1702, Beauport; d 29; s 30-12-1776, Sainte-Marie-de-Beauce
m 18-11-1726, Beauport
Alexandre Lefebvre (Jean et Marie Crête)
n 10; b 10-8-1694, Beauport; d 21; s 22-3-1755, Sainte-Marie-de-Beauce

5. Josephte
n 2; b 2-6-1704, Beauport; d 15; s 15-4-1717, Beauport

6. Jeanne-Cécile
n 23; b 24-5-1706, Beauport; d 26; s 28-4-1789, Notre-Dame-de-Québec
m 1 : 3-1-1728, Beauport
Olivier Hugron, veuf Marguerite Pagé
n 24-11-1689, Redon, Bretagne; d -; s 27-1-1736, Notre-Dame-de-Québec

m 2 : 5-3-1737, Notre-Dame-de-Québec
Jean Charpentier (Gabriel et Marie Chevalier)
n France; d 14; s 15-4-1790, Notre-Dame-de-Québec

7. Étienne
n 12; b 12-5-1708, Beauport; d 5; s 7-3-1782, Ste-Marie-de-Beauce
m 28-8-1730, Beauport
Marie-Geneviève Lefebvre (Jean et Marie Crête)
n 4; b 4-1-1704, Beauport; d 12; s 14-7-1786, Ste-Marie-de-Beauce

8. Noël
n 24; b 24-2-1710, Beauport; d 11; s 11-10-1714, Beauport

9. Thérèse-Angélique
n 1; b 1-6-1713, Beauport; d 28; s 30-1-1798, L’Ange-Gardien
m 27-9-1734, Beauport
Ambroise Trudel (Jean et Louise Mathieu)
n 10; b 10-1-1708, L’Ange-Gardien; d 1; s 2-9-1790, L’Ange-Gardien

10. Pierre
n 19; b 19-11-1715, Beauport; d 13; s 14-10-1785, Varennes
m 22-9-1738, Notre-Dame-de-Québec
Marie-Louise Gagnon (Joseph et Marie-Anne Louineau)
n 9; b 10-9-1717, Notre-Dame-de-Québec; d 1; s 2-3-1789, Varennes

11. Michel
n 29; b 29-5-1717, Beauport; d 1; s 2-7-1717, Beauport

12. Marguerite
n 7; b 7-9-1720, Beauport; d 12; s 13-1-1726, Beauport


m 2 : Geneviève Trudel (Nicolas x Barbe Letartre), 28-4-1727, L’Ange-Gardien
n 2; b 2-3-1696, L’Ange-Gardien; d 12; s 13-1-1748, Beauport

1. Nicolas
n 7; b 7-1-1728, Beauport; d 9; s 11-2-1796, Beauport
m 19-1-1750, Beauport
Catherine Marcoux (André et Angélique Amelot)
n 17; b 17-12-1729, Beauport; d 24: s 26-2-1787, Beauport

2. Jean-Baptiste
n 6; b 6-7-1729, Beauport; d 7; s 8-8-1729, Beauport

3. Antoine
n 6; b 7-8-1730, Beauport; d 2; s 3-7-1777, Notre-Dame-de-Québec
m 1 : 18-4-1757, Notre-Dame-de-Québec
Marie-Madeleine Vallée (Jean et Marie-Madeleine Monjon)
n 10; b 10-11-1736, Beauport; d 13; s 14-7-1773, Notre-Dame-de-Québec

m 2 : 7-2-1774, Notre-Dame-de-Québec
Élisabeth Vachon dit Laminée (Louis et Élisabeth Campagna)
n 17; b 17-5-1739, Beauport; d 10; s 12-10-1790, Notre-Dame-de-Québec

4. Charles
n 4; b 4-11-1732, Beauport; d 4; s 8-10-1755, Laprairie

5. Louise-Geneviève
n 27; b 27-3-1734, Beauport; d 9; s 11-6-1802, Beauport
m 10-4-1758, Beauport
Alexandre Vallée (Nicolas et Marie-Louise Lefebvre)
n 30; b 30-12-1726, Beauport; d 17; s 19-8-1799, Beauport

6. Eustache
n 25; b 25-11-1735, Beauport; d 2; s 4-3-1802, Beauport
m 30-6-1761, Notre-Dame-de-Montréal
Marie-Amable Ménard (Louis et Ursule Demers)
n 20; b 20-4-1729, Notre-Dame-de-Montréal; d 29-6; s 1-7-1803, Notre-Dame-de-Montréal

7. Marie-Françoise
n 18; b 18-10-1737, Beauport; d 1; s 2-2-1738, Beauport

8. Anonyme
n 18; b 18-10-1737 (jumelle de Marie-Françoise); d 25; s 25-10-1737, Beauport

9. Jean-Marie
n 5; b 5-11-1739, Beauport; d 16; s 17-7-1817, Sainte-Marie-de-Beauce
m 5-2-1765, Beauport
Marie-Anne Barbeau (Joseph et Josephte Loiselle)
n 16; b 17-10-1743, Charlesbourg; d 13; s 15-7-1824, Sainte-Marie-de-Beauce

vendredi 4 mai 2012

Les triplets de Beauport et le travail de la pierre


La famille Parent décide de frapper à la porte de Claude Baillif et de profiter de son savoir-faire. Baillif est « l’entrepreneur en bâtiments le plus connu et le plus prolifique du XVIIe siècle» (1). Au mois d’avril 1687, Pierre Parent et Jeanne Badeau concluent un accord avec l’architecte de renom. Le 11 avril, Jeanne Badeau, au nom de son mari absent, et Claude Baillif se présentent chez le notaire Gilles Rageot. Le contrat spécifie que Jean Parent, âgé de 12 à 13 ans – étonnant de constater que les parents ne puissent pas être plus précis sur l’âge de leur enfant – deviendra apprenti chez Claude Baillif à partir du 1er juin prochain pour une durée de cinq ans. Baillif l’initiera aux métiers entourant le travail de la pierre. Plusieurs clauses de ce contrat fournissent un aperçu de la situation d’un très jeune apprenti. Premièrement, le jeune Parent aidera l’architecte au cours de la première année de son apprentissage selon les besoins exprimés par le maître. Lorsque l’apprenti aura acquis plus d’expérience, Baillif s’engage à le rémunérer. Il lui versera la somme de 150 livres tournois pour les deux dernières années d’apprentissage; ce salaire sera payé moitié en argent et moitié en billets payables en deux termes égaux. Tout au long de la durée du contrat d’apprentissage, l’architecte s’engage à nourrir et entretenir l’apprenti et à lui fournir tout son habillement (2). Jean Parent terminera son apprentissage âgé de 19 ans.

Jean n’est pas le seul triplet à profiter de la possibilité de devenir apprenti chez Claude Baillif. Au mois de juin 1692, l’architecte accepte de servir de mentor à un autre triplet, Étienne Parent. Le 22 juin, Jeanne Badeau se présente chez le notaire Louis Chambalon, une fois de plus sans son mari. Ici encore, elle ne donne pas précisément l’âge de son fils; elle déclare qu’Étienne est âgé de 16 à 17 ans. Pour la signature de ce contrat d’engagement, elle est accompagnée d’un de ses fils, André, qu’elle qualifie comme « L’un de Ses enfans principal Conducteur de leur famille », et de Joseph Rancourt, son gendre. Dans ce cas-ci, le contrat d’apprentissage aura une durée de trois ans.

Baillif promet de lui enseigner et de lui montrer à tailler la pierre et à effectuer des travaux de maçonnerie. L’architecte s’engage à nourrir, loger et blanchir l’apprenti pendant la durée du contrat et de lui payer un salaire. Étienne Parent recevra une somme de 60 livres la première année, 80 livres la deuxième année et 100 livres pour la dernière année (3). Les clauses d’apprentissage d’Étienne sont plus avantageuses que celles de Jean mais leur situation est très différente. Il faut considérer dans ce dernier cas que l’apprenti est plus âgé et qu’il possède vraisemblablement quelques rudiments des métiers se rapportant au travail de la pierre.

La situation que vivent les frères Parent correspond à celle de la plupart des apprentis en Nouvelle-France. Indépendamment du métier, la durée moyenne d’un apprentissage est de trois ans et trois mois et, chez les maçons, elle est de trois ans et six mois. Si le profil type d’un apprenti maçon s’applique mieux à Étienne quant à l’âge, il en est tout autrement pour Jean tant par son âge – l’âge moyen d’un apprenti maçon est de 17 ans et 11 mois – que par le salaire qu’il reçoit qui est nettement inférieur au salaire moyen reçu par ce type d’apprenti soit de 60 livres par an. Toutefois, le jeune âge de Jean fait en sorte qu’il participe peu ou pas aux lourds travaux que demande le travail de la pierre pendant les trois premières années de son apprentissage et explique le fait que son maître ne lui paie pas de salaire durant cette période. En général, les apprentis plus jeunes vivent un apprentissage plus long que les apprentis plus âgés (4).

Pendant que Jean et Étienne s’initient aux secrets de la construction en travaillant la pierre, on ne sait rien de ce que fait leur frère jumeau Joseph. Aucun acte notarié ou autres documents permettent d’affirmer qu’il a suivi le même chemin que ses frères. Cependant, le métier qu’il exercera au cours de sa vie laisse supposer qu’il a lui aussi appris le métier de maçon et qu’on lui a enseigné l’art de construire avec de la pierre. Il est bien possible qu’il soit devenu apprenti sans qu’un contrat notarié officialise son statut. Il faut signaler que Joseph est le seul des triplets à savoir signer son nom.

1. Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1966, p. 76.
2. BAnQ, Minutier de Gilles Rageot, le 11 avril 1687.
3. BAnQ, Minutier de Louis Chambalon, le 22 juin 1692.
4. Jean-Pierre Hardy et David-Thiery Rudel, Les apprentis artisans à Québec 1660-1815, Québec, Les Presses de l’Université du Québec, 1977, p. 40-47.

vendredi 27 avril 2012

Des familles liées : Parent, Bélanger et Chevalier


Le mariage du triplet Étienne Parent avec un membre de la famille Chevalier met en relief les liens serrés qui unissent ces deux familles, puisque quatre enfants Parent ont épousé, sur une période de 18 ans, quatre enfants Chevalier nés du mariage entre René Chevalier et Jeanne Langlois (tableau 1). René Chevalier et Jeanne Langlois se sont mariés le 9 janvier 1656, à Beauport. René Chevalier est décédé à la fin des années 1670 et son épouse en 1687, tous deux à Beauport. On ne connaît les dates exactes de leur décès.

Il y a également une autre famille de Beauport intimement liée à la famille Parent : celle de Nicolas Bélanger et Marie de Rainville Nicolas Bélanger a épousé Marie de Rainville le 11 janvier 1660, à Québec; il meurt le 19 octobre 1682, à Beauport. La veuve de Rainville ne se remariera pas. Sa fille Marie Bélanger, veuve d’Ignace Choret, unit sa destinée à celle de Jacques Parent, veuf de Louise Chevalier; Marie est née le 19 octobre 1668. Deux des triplets – Jean et Joseph – ont épousé deux des filles Bélanger : Marie la cadette qui est née vers 1678 et Marie-Françoise, née le 13 octobre 1680 (tableau 2).
Tableau 1
Mariages entre les enfants des familles Parent et Chevalier

Enfants de Pierre Parent et Jeanne Badeau
Enfants de René Chevalier et Jeanne Langlois
Mariages



Jacques
Louise
1-2-1677, Beauport
Michel
Jeanne
24-11-1692, Beauport
Charlotte
Michel
10-1-1695, Beauport
Étienne
Marie-Thérèse
?-2-1696, Beauport





  
Tableau 2
Mariages entre les enfants des familles Parent et Bélanger

Enfants de Pierre Parent et Jeanne Badeau
Enfants de Nicolas Bélanger et Marie de Rainville
Mariages



Jacques (2e mariage)
Marie (2e mariage)
9-11-1705, Beauport
Jean
Marie-Françoise
?-2-1696, Beauport
Joseph
Marie
?-2-1696, Beauport




 

vendredi 20 avril 2012

Les triplets Parent se marient


Au début de 1696, Étienne, Jean et Joseph Parent viennent d’avoir 21 ans et ils songent à fonder une famille. Les triplets Parent ne font pas les choses à moitié. La vie les a liés et ils l’assument. Au mois de février 1696, ils décident de se marier tous les trois en même temps. Tous les trois ont choisi d’épouser des filles de Beauport. Les préparatifs du mariage triple sont enclenchés dans une grande effervescence. Des triplets qui se marient le même jour! Dans les étapes à remplir pour en arriver au jour des mariages, il faut procéder à celle de la rédaction des contrats de mariage. Le samedi 11 février 1696, le notaire Jean-Robert Duprac connaît une journée chargée.

Tout d'abord, le notaire se présente chez Jacques Parent qui est le voisin immédiat de son père. Jacques accueille son jeune frère Étienne, plusieurs membres de sa famille et de celle de Marie-Thérèse Chevalier, la future épouse de son frère et la plus jeune des sœurs de son épouse Louise. Comme les parents de Marie Chevalier – René Chevalier et Jeanne Langlois – sont décédés depuis plusieurs années, c'est Louise Chevalier qui ouvre les portes de sa demeure à sa famille pour cette occasion. Louise est la fille aînée des enfants Chevalier et, à ce titre, elle joue le rôle d’hôtesse pour la cadette de la famille

Le mariage des triplets est un événement social d’envergure et des témoins importants se sont déplacés pour l’occasion. On peut difficilement l’imaginer mais, pour la signature du contrat de mariage entre Étienne Parent et Marie-Thérèse Chevalier, la maison de Jacques Parent accueille une foule impressionnante. On doit souligner la présence du comte de Frontenac, gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France, de l’intendant Bochart de Champigny et de Charles de Monseignat, secrétaire du gouverneur. À ces dirigeants, il faut ajouter les frères des mariés, soit Jacques, Pierre, André, Jean l'aîné, Étienne, Jean, Michel, Claude, Charles et Antoine Parent. Les beaux-frères et leurs épouses, sauf Michel Chevalier et son épouse, Charlotte Parent, participent à la séance : ce sont Joseph Rancourt et Marie Parent, Jean Baugis et Jeanne-Thérèse Parent, et Jacques Avisse et Geneviève Parent. Pour compléter le portrait, les neveux René et Henri Parent, fils de Jacques Parent et Louise Chevalier, de Noël Vachon et, enfin, de Pierre Vachon, sieur des Fourchettes « commandant des habitants du dit beauport »assistent à l’événement. Les frères Vachon sont les cousins germains de la mariée.

Ce contrat terminé, le notaire Duprac se déplace à Beauport chez Marie de Rainville, veuve de Nicolas Bélanger. Deux de ses filles vont épouser deux des triplets. Joseph Parent va épouser Marie Bélanger et Jean Parent, Marie-Françoise. Ainsi, la quasi-totalité des témoins présents chez Jacques Parent traversent la rivière Beauport et accompagnent l’assemblée pour la suite des événements, notamment le comte de Frontenac, l’intendant Champigny et de Monseignat. À cet aréopage, il faut ajouter les frères des mariés, leurs beaux-frères et leurs épouses, encore une fois sauf Michel Chevalier et Charlotte Parent, son épouse, et les membres de la famille Bélanger, soit les frères des mariées : Pierre l’aîné, Pierre le cadet, Nicolas et Paul Bélanger, leur sœur Marie, épouse d’Ignace Choret, leurs beaux-frères, Étienne Souet et Jean Giroux, et Jean Souet, leur neveu. Pierre Parent et Jeanne Badeau promettent selon les termes des contrats de mariage, de donner, en trois termes égaux, la somme de 300 livres à chacun des triplets. Des triplets, seul Joseph signe son nom.

Les mariages des triplets sont célébrés peu après mais on ne connaît pas la date exacte du triple mariage.